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Un rarissime tiers de sous frappé à Lausanne sous le règne du «Bon Roi Dagobert»

Du VIe au IXe siècle, la Bourgogne, dont fait partie le Pays de Vaud, est rattachée au royaume franc. Le roi Dagobert I, fils de Clothaire II, conserva de 629-639 l'unité du royaume.

L'expansion territoriale des royaumes francs de Clovis à Charlemagne. Carte Hachette
Dagobert Ier, roi des Francs.
Dagobert Ier, roi des Francs. Buste ceint d'une couronne, détouré sur un jeton de Jean Dassier. Médailleur genevois, XVIIIe s.

Dans la tradition populaire, Dagobert est surtout connu par une chanson «le Bon Roi Dagobert» qui remonterait à la Révolution française. Selon la légende, Dagobert était très distrait et myope, si bien qu'il mettait souvent ses culottes à l'envers (braies, pantalons), comme le lui faisait remarquer saint Eloi, son orfèvre.

Avec l'aide d'Eloi, Dagobert entrepris une réforme monétaire. Il fit prêter serment aux monnayeurs afin qu'ils respectent ses édits. En récupérant les sous d'or par l'impôt ou en vendant des charges et des faveurs, il organisa la circulation monétaire de façon à ce que le circuit passe toujours par le roi (voir: saint Ouen, Vita sancti Eligii).

Les triens ou tiers de sous (imitations des solidus des empereurs de Byzance) sont extrêmement rares. Plusieurs d'entre eux furent frappés à Lausanne pendant la domination des rois Francs. Les noms qu'ils portent, probablement ceux d'autochtones, sont de rares témoignages d'orfèvres ou monnayeurs mérovingiens. Le plus ancien est un certain Sapaudus ou Gapaucus, dont le nom est gravé sur les monnaies de Lausanne à l'époque de Clothaire II (613-629) (les deux seuls exemplaires connus sont conservés, l'un au Cabinet de France à Paris et l'autre, au Musée d'Art et d'Histoire de Genève). Deux monétaires sont certifiés à l'époque de Dagobert Ier, Ragnulfus (un triens au Musée de Berlin) et Floricius. Le patronyme connu le plus récent est celui de Cuccillus qui a frappé monnaie sous Clovis II (639-657) (1 exemplaire au Cabinet de France à Paris). Avec l'acquisition du second Floricius frappé à Lausanne, les deux tiers connus de ce monétaire figurent désormais dans les collections cantonales à Lausanne.

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